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articles généraux

Mercredi 29 septembre 2004

Un petit texte que j'aime bien:

Mais la socialisation?


Deux femmes se retrouvent dans un parc, pendant que leurs enfants se balancent et jouent au ballon. Les deux femmes les surveillent, assises sur un banc. Au bout d'un moment, elles se mettent à discuter.
M: - Bonjour, je m'appelle Martine. Mes enfants sont les trois en rouge, ça m'aide à les repérer.
T: - (Sourire) Moi c'est Thérèse. les miens sont ceux en rose et en jaune. Vous venez souvent ici?
M: - Deux ou trois fois par semaine, après la bibliothèque.
T: - Oh! Comment faites-vous pour trouver le temps?
M: - On fait l'école à la maison, alors on vient dans la journée le plus souvent.
T: - J'ai des voisins qui font aussi l'école à la maison, mais les miens vont à l'école publique.
M: - Comment faites-vous?
T: - Ce n'est pas facile. Je vais à toutes les réunions de parents et je fais travailler les enfants tous les jours après l'école, je m'implique beaucoup.
M: - Mais la socialisation? Ca ne vous ennuie pas qu'ils soient enfermés toute la journée avec des enfants du même âge, sans aucune possibilité d'avoir des relations naturelles?
T: - Eh bien, oui, mais je me donne du mal pour compenser ça. Ils ont des amis qui font l'école à la maison, et nous allons chez leurs grands-parents presque tous les mois.
M: - Vous semblez une mère très dévouée. Mais est-ce que ça ne vous ennuie pas toutes les occasions qu'ils manquent? Je veux dire en étant tellement isolés de la vie réelle - comment vont-ils savoir à quoi le monde ressemble - ce que font les gens pour gagner leur vie - comment s'entendre avec tous ces gens différents?
T: - Oh, nous en discutons aux réunions de parents, et nous avons créé une caisse pour inviter des gens réels dans les classes. Le mois dernier, un policier et un docteur sont venus parler dans toutes les classes. Et le mois prochain, il y aura une femme du Japon et un homme du Kenya.
M: - Oh, nous avons rencontré un japonais au supermarché l'autre jour, et il en est venu à parler de son enfance à Tokyo. Mes enfants étaient complètement fascinés. Nous l'avons invité à dîner et nous avons fait connaissance de sa femme et de ses trois enfants.
T: - Super. Hum, peut-être devrions-nous prévoir des plats japonais à la cantine pour la Journée Interculturelle.
M: - Peut-être votre invitée japonaise pourrait-elle manger avec les enfants?
T: - Oh non, elle a un emploi du temps très chargé. Elle a deux autres écoles à visiter ce jour-là. Ce que nous faisons est projet collectif.
M: - Oh, dommage. Eh bien, peut-être allez-vous rencontrer quelqu'un d'intéressant au supermarché un jour, et vous pourrez l'inviter à dîner.
T: - Je ne pense pas. Je ne parle jamais aux gens dans les magasins - et sûrement pas à ceux qui risquent de ne même pas parler notre langue. Et si ce japonais n'avait pas parlé français?
M: - Pour tout vous dire, je n'ai pas eu le temps d'y penser. Avant même que je l'aie remarqué, mon fils de 6 ans lui demandait ce qu'il allait faire avec toutes les oranges qu'il achetait.
T: - Vos enfants parlent à des étrangers?
M: - J'étais juste à côt de lui. Il sait que tant qu'il est avec moi, il peut parler à qui il veut.
T: - Mais vous lui donnez de mauvaises habitudes. Mes enfants ne parlent jamais à des étrangers.
M: - Même quand ils sont avec vous?
T: - Ils ne sont jamais avec moi, sauf à la maison après l'école. Alors vous voyez pourquoi il est si important qu'ils comprennent qu'il est absolument interdit de parler à des étrangers.
M: - Oui, je vois. Mais s'ils étaient avec vous, ils pourraient avoir l'occasion de rencontrer des gens intéressants en toute sécurité. Ils auraient un aperçu du monde réel, dans des situations réelles. Ils pourraient aussi sentir réellement ce qui permet de dire qu'une situation est dangereuse ou suspecte.
T: - Ils verront ça en CE2 et CM2, en Instruction Civique.
M: - Eh bien, je vois que vous êtes une maman attentionnée. Je vous laisse mon numéro - si jamais vous voulez discuter, appelez-moi. J'ai eu plaisir à faire votre connaissance.
(auteur inconnu - traduction Brigitte Guimbal)

Ca se passe de commentaires!!

Par Raihane
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Samedi 2 octobre 2004

šLES ENFANTS DE LA LIBERTÉš
par Léandre Bergeron

Déjà, à la naissance de ma première fille, je jonglais avec l’idée que si les parents savent répondre aux besoins de l’enfant, jamais celui-ci ne devient une corvée, mais une inépuisable source de joie quotidienne.  Dix-huit ans plus tard, je suis en mesure d’affirmer la justesse de cette intuition.  Ayant choisi de faire confiance à la nature, je n’ai imposé aucune restriction à la liberté de mes enfants.  Mes trois filles, Déirdre, Phèdre et Cassandre, ont appris tout ce qu’elles avaient besoin de savoir par elles-mêmes, sans n’avoir jamais mis les pieds à l’école et sans être contraintes à obéir à qui que ce soit.  S’il m’avait fallu un jour dire à mes enfants:  šAujour’hui, on apprend à lireš, cela me serait apparu comme une agression. Cette expérience particulière d’éducation m’a permis de constater que certains enfants apprennent à lire seuls dès l’âge de trois ans, tandis que d’autres n’y arrivent que vers dix ans.  À cinq ans, mon aînée a manifesté le désir d’aller à l’école, mais elle a vite déchanté.  Quelques mois plus tard, de retour à la maison, il lui a fallu réapprendre à sentir, à bouger et même à respirer librement, suite à une longue paralysie physique, mentale et émotive au sein du système scolaire...

De façon naturelle, les enfants rejettent les overdoses.  C’est pourquoi, moi, ancien professeur, j’ai dû apprendre... à ne pas enseigner, ne pas vouloir à tout prix transmettre des connaissances, à éviter de forcer la dose, comme si mes enfants devaient passer un examen dans l’heure qui suit.  Tout au long de leur apprentissage de la vie, jamais je n’ai posé de questions à mes filles, visant à vérifier leur niveau de conaissance.  Jamais je ne les ai évaluées ni fait subir de tests ou d’interrogatoire...  L’évaluation sème le doute qui devient une source d’angoisse chez l’enfant. À mon avis, quelles que soient les circonstances, l’enfant doit sentir que le parent est de son côté; il doit exister entre eux une sorte de complicité qui va lui permettre d’évoluer sainement.

Si l’adulte est incapable de le consoler, non seulement l’angoisse ne s’exprime pas, mais elle perdure. Lorsqu’un enfant ravale ses larmes, c’est comme s’il n’avait pas le droit d’être ce qu’il est. Pour survivre, il va se décentrer en acceptant de se soumettre aux diktats des adultes, il va perdre son intégrité, sombrer dans le mensonge et la duplicité, bref, il va se déboussoler.

DES DÉTENUS

L’école traite les enfants comme des détenus qui sont régulièrement fouillés; on les suspecte. Leurs parents emboîtent inconsciemment le pas, devenant un peu des policiers au service de l’école, de la commission scolaire et même du ministère de l’Éducation.  L’image idéale que l’on projette sur l’enfant devient plus importante que ce dernier. Cette attitude n’est rien de moins qu’un crime perpétré contre l’enfance. Respecter l’enfant implique qu’on ne se donne pas le droit de l’interroger, ni de lui demander des comptes.  Comme je suis poli avec n’importe quel invité de marque, je le suis naturellement avec un enfant.  J’ai par exemple observé qu’il n’est nul besoin d’enseigner la politesse à ce dernier.  Si l’on est poli avec lui, il va nous porter le même respect, de façon toute naturelle.  Car la vraie politesse est d’abord le respect de l’autre. Si, par inadvertance, il m’est arrivé de bousculer mes filles, je m’excusais, qu’elles aient trois ou quinze ans.  Après tout, nos enfants ne sont pas des tables ou des chaises, que l’on peut cogner sans rien dire! Bien souvent, sous prétexte que ce sont nos enfants, on se permet de les pousser brutalement sans ressentir le besoin de s’excuser, on fouille leur chambre à leur insu et on surveille leurs fréquentations.  C’est un comportement digne d’un gardien de prison envers des détenus.  Les enfants ont d’ailleurs la même réaction que des prisonniers, face à ce traitement: ils vont agir en cachette, faire semblant, mentir, jouer le jeu et accepter toutes les offenses, pour avoir le droit de respirer. En les traitant comme des détenus, peut-on raisonnablement s’attendre à ce qu’ils aient un comportement différent de celui des repris de justice? Si la maison, tout comme l’école, est une prison où ils sont réprimés pendant les toutes premières années de leur vie puis surveillés nuit et jour, il est à prévoir qu’ils connaitront une adolescence šmouvementéeš.  Pendant cette période de croissance intense, où une nouvelle énergie bouleverse leur vie, leur réaction à la répression sera l’émeute, tout comme on peut l’observer en milieu carcéral. La fameuse šcrise d’adolescenceš n’existe en fait qu’en milieu répressif.  Dans une symbiose saine, empreinte de respect, il n’existe aucune šcrise d’adolescenceš.

LA SOCIALISATION

Certains ont fait des gorges chaudes parce que mes enfant ne fréquentaient pas l’école.  Comment peut-on dire qu’un enfant non scolarisé ne développe pas sa sociabilité? Celle pratiquée à l’école, comme celle de la prison, favorise des comportements malsains ou pathologiques, plutôt que de contribuer à l’établissement de relations humaines chaleureuse. Je suis convaincu qu’en forçant l’enfant à obéir, on le décentre, on l’aliène, on en fait un être tout autre que lui-même. Si par exemple, on lui fait laver la vaisselle contre son gré, qu’apprend-il, à part la frustration?  J’ai constaté que moins on en demade à un enfant, plus il en fait naturellement, sans être contraint. Obliger quelqu’un à accomplir un travail, c’est en faire un forçat qui pense au crâne de ses gardiens en cassant des pierres...

La scolarisation telle qu’on la connait se limite à du plaquage et de la catégorisation de notions qui tiennent lieu de connaissances.  Dans cette optique, la déscolarisation constitue une convalescence. Car l’école est véritablement une épreuve, voire une maladie dont les effets varient selon le temps d’exposition et la capacité de résistance de chacun. Certains, plus forts, exposés à l’école, s’en tireront sans trop de dommages, alors qu’un enfant soumis ou profondément blessé mettra des années à s’en remettre, s’il s’en remet jamais.  Un jour, j’ai essayé avec quelques voisins, de recréer une école de rang de type familial.  Mais tout ce que nous avons réussi à faire, c’est de reproduire le carcan de l’école conventionnelle, avec ses groupes d’âge et sa concentration forcée, prisonniers que nous étions de notre conception traditionnelle de l’éducation.  Il faut dire que se déscolariser est un long processus et il est très difficile de briser les chaînes de la scolarisation.  L’école imbibe notre société dite civilisée tout comme jadis l’Église pénétrait l’âme des catholiques...  On disait d’ailleurs:  šHors de l’église point de salutš; aujourd’hui, on pourrait dire: šhors de l’école, point de salutš. Cette dernière apprend aux enfants à se désolidariser de leurs parents, à s’en éloigner le plus possible et à intégrer la bulle šadoš, un ghetto d’orphelins abnadonnés et déconnectés de la réalité.

Toute tentative d’éduquer l’enfant est selon moi malsain, car elle corrompt le processus de son épanouissement.  À trop vouloir ou à essayer d’éduquer, on rate son coup.  De plus, aucun vrai rapport social ne se noue dans nos šgarderies-orphelinatsš, où les enfants errent comme des prisonniers. L’enfant abnadonné dans ces lieux souffre de l’absence de ses parents; il est blessé, meurtri, coupé de la symbiose essentielle avec ces derniers. Comment en sommes-nous venus à livrer nos enfants à des étrangers aux compétences douteuses, pendant les meilleures heures de la journée? Comment a-t-on pu accepter de se faire voler la naissance et même la mort par le corps médical?

DES DOUTES

Pris dans le piège de mes peurs, j’ai bien sûr eu des périodes de doute; je me rongeais parfois les sangs, me demandant si mes filles allaient un jour finir par apprendre quelque chose... Puis je chassais le pédagogue en moi, le parent soumis à l’État de même que l’homme terrorisé, qui veut terroriser à son tour. Après la maladroite simulation d’école à la maison, et voyant disparaître l’enthousiasme et la joie dans leur regard, je me suis rendu compte de l’abomination que je faisais subir à mes filles. En réalité, elles ne faisaient ce que je leur demandais que pour me plaire...

Je me suis désolidarisé du monde dit šresponsableš des adultes, de cette véritable šmafiaš organisée entre parents, enseignants, prêtres et éducateurs. J’ai pris mes distances envers ceux qui sèment la terreur dans le coeur des enfants, afin d’en faire des êtres soumis.  Je me suis dissocié du réseau invisible qui assure l’ordre social et perpétue la soumission au grand nombre, de générations en générations. Un être soumis est une bombe à retardement.  J’ai opté pour la liberté, le respect, la confiance envers le potentiel d’autorégulation de l’être humain.  J’ai choisi de ne pas participer au terrorisme généralisé pratiqué contre l’enfance.  Aujourd’hui, en observant mes trois filles adolescentes, je suis toujours surpris de leur sens de l’initiative, leur intérêt et leur goût intense de la vie.  Je suis en admiration devant leur implication dans la maison, qui se fait naturellement, sans que j’aie à intervenir.  Dotées d’une grande indépendance d’esprit, elles s’insurgent souvent contre des pratiques contradictoires qu’elles ne manquent pas de repérer dans les relations humaines et le tissu social.  C’est à travers des réactions comme celles-là qu’on se rend compte que l’école et toutes ces institutions qu’on nous impose depuis l’enfance n’ont pour but que de fabriquer des gens soumis et surtout d’annihiler tout esprit critique.

Par ma maman
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Mardi 12 octobre 2004

Les enfants de l’autonomie

Jean-Jacques Crèvecoeur

Jouvence éditions, 2000, (252 p. ; 120 F- 18,29 €)

Qu’est-ce que l’autonomie ? C’est quand l’individu est en capacité d’identifier ses besoins, de les nommer et de choisir les comportements à partir desquels il arrivera à les satisfaire, répond l’auteur qui établit une distinction claire entre besoins et désirs. Les premiers correspondent aux aspirations fondamentales de l’individu : ce sont les besoins physiques, mais aussi de sécurité, d’appartenance, de reconnaissance et de réalisation personnelle bien décrits par Maslow, et qui doivent toujours être satisfaits. Les désirs, quant à eux, sont plus la concrétisation des solutions choisies pour satisfaire un besoin. De ce fait, ils ne sont pas toujours justifiables, puisqu’ils peuvent être multiples : on peut en laisser un pour en choisir un autre plus adapté. L’essentiel est bien d’identifier quel est le véritable besoin qui se cache derrière le désir. On doit apprendre à reconnaître l’émotion positive ou négative comme l’expression de ce mécanisme et faire en sorte de répondre au vrai besoin et devenir plus autonome à son égard en arrivant à le satisfaire. Tout le travail d’éducation passe par le repérage et la reconnaissance de cette dynamique. Cette approche est conditionnée par la vision du petit d’homme non comme un vide à remplir, mais bien comme un potentiel à révéler. Et l’auteur, d’en appeler à la maïeutique socratique en nous invitant à devenir accoucheur, détonateur et catalyseur des capacités présentes chez l’enfant. Mais, cette approche est tout autant conditionnée par la capacité d’introspection : comment en effet agir positivement sur l’enfant, si on n’a pas fait soi-même le travail personnel nécessaire ? L’enfant ne peut devenir autonome si l’adulte qui est en face de lui n’a pas acquis sa propre autonomie. On ne peut faire émerger chez lui tout son potentiel, si on n’a pas su révéler le sien propre ! Et, en la matière, on transmet bien plus ce que l’on est que ce que l’on dit. D’où l’importance de bien décoder ce qui se joue en son for intérieur et ce que l’enfant fait raisonner en soi, dans sa propre histoire familiale. Prendre conscience de ses propres blessures et de celles que nous infligeons apparaît, dès lors, comme un travail incontournable : se mettre à l’écoute de soi, se faire confiance, reconnaître et accepter ses blessures, s’autoriser la différence et l’imperfection sont des pistes qu’explicite l’auteur en s’inspirant de Karl Jung qui incitait à transformer notre plomb intérieur (épreuves et névroses) en or alchimique (enrichissement et expérience). L’auteur propose ici un livre simple que l’on peut et que l’on doit s’approprier en y piochant ce qui nous permet d’avancer. C’est à chacun de trouver son chemin, c’est une éthique ici explicite « ne jamais se prétendre détenteur d’une vérité unique à dispenser à des « apprenants » ignorants » (p.12).


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Jeudi 14 octobre 2004

Faire l’école à la maison : une question de choix

Audrey Miller

De nos jours, l’instruction parentale est légale et prend lentement son essor, que ce soit en France, au Canada ou aux États-Unis. Choix pédagogique, contrainte géographique ou mode de vie, voici un portrait de ce phénomène marginal.

Que ce soit parce que l’école est trop éloignée de la maison, que les parents croient pouvoir mieux éduquer leurs jeunes que l’école normale ou qu’ils veuillent en faire un projet familial, l’éducation à domicile reste un phénomène marginal.

Christine Brabant, Sylvain Bourdon et France Jutras étudient ce phénomène en tant que sujet de maîtrise à la faculté de l'éducation de l'Université de Sherbrooke. Pour leurs travaux, ils ont remporté le Prix Desjardins d’Excellence lors du dernier congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), qui s’est tenu du 10 au 14 mai dernier, à Montréal.

En effet, l’équipe a réalisé une étude qui révèle beaucoup sur l’école à domicile. Au Québec, on estime qu’entre 1500 et 5000 élèves reçoivent leur éducation de cette façon. Le ministère de l’Éducation ne tient pas de décompte officiel, c’est pour cette raison que les chiffres sont si approximatifs.

L’étude a révélé bon nombre de faits étonnants. Par exemple, comme le rapportait le quotidien Le Devoir dans son édition du samedi 2 octobre, « l'étude a démontré que les enfants qui sont éduqués de la sorte sont motivés et autonomes et que leurs résultats scolaires sont supérieurs à la moyenne. De plus, il y a aussi une économie de temps. » En effet, les chercheurs ont évalué que deux heures d’école à domicile équivalent à une journée d’école régulière!

De plus, bien que la plupart des parents sondés possède un diplôme universitaire, la réussite des enfants ne dépendrait pas du niveau de scolarisation des parents. Aussi, la méthode pédagogique varie. Les parents achètent du matériel déjà prêt ou inventent leur propre curriculum. Pour en savoir plus sur les résultats de l’étude, consultez l’article du Devoir. Pour connaître le portrait de l’enseignement à domicile aux États-Unis, cliquez ici.

Voici également la description d’un atelier sur le sujet qui a donné lieu à la présentation des résultats de recherche lors du congrès de l’ACFAS. Il situe bien le contexte et la problématique.

« L'éducation des enfants sous la responsabilité des parents, à domicile et dans la communauté, s’est pratiquée pendant la plus grande partie de l'histoire de l'humanité. Toutefois, elle est devenue un choix marginal lorsque les sociétés modernes se sont dotées de lois établissant l'obligation de fréquentation scolaire, il y a un peu plus de 100 ans dans le monde et depuis 1943 au Québec. Or, plusieurs pays ont prévu dans leur législation une possibilité d'exemption de cette obligation et un nombre grandissant de parents se prévalent de cette exemption. Cette réalité soulève des enjeux politiques, pédagogiques et sociaux. »

Aux États-Unis, dans l’état de Washington, l’école à la maison est autorisée depuis 1985. Avant, seuls les enseignants diplômés pouvaient dispenser l’éducation. De nos jours, tous les états acceptent le « home schooling », avec des réglementations variables. En 2000, on estimait à près de 3 % la proportion des écoliers américains qui recevaient l’école à la maison. Ce courant est en plein essor.

Du côté de la France, on nomme la pratique « l’instruction parentale » . Le gouvernement impose des domaines de connaissances assez vastes et exige en fin de scolarité obligatoire « un niveau comparable, dans chacun des domaines énumérés, à celui des élèves scolarisés ». Sur le site français Les enfants d’abord, un jeune de 17 ans, qui a vécu l’école à la maison, explique : « L'avantage de faire l'école à la maison, c'est de pouvoir avoir d'autres ouvertures sur des choses beaucoup plus personnelles que chacun a en soi, et qu'il faut développer. Pour certaines personnes, les études sont toutes naturelles et ne posent pas de problèmes, mais d'autres s'y retrouvent beaucoup moins parce qu'ils ont autre chose en eux. »

Malgré tout, ces chercheurs croient que les parents peuvent très bien s’impliquer dans l’éducation de leurs enfants même s’ils les confient au système scolaire, comme l’expliquait Christine Brabant dans le cadre de l’article « Des parents A+ », paru dans le magazine Sélection du Reader’s Digest d’avril 2004. « L’éducation familiale a toujours occupé une place de choix dans les sociétés occidentales et jusque dans les législations. L’implication des parents demeure primordiale dans le succès scolaire des jeunes. »

Par Audrey Miller, APP

Par ma maman
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Mercredi 17 novembre 2004

La commission Thélot sur l'avenir de l'Ecole préconise un avancement de l'âge de la "scolarité obligatoire" à 5 ans. Il est possible, et je vous le conseille vivement, de réagir sur le site suivant

http://www.loi.ecole.gouv.fr

Nous nous insurgeons sur l'utilisation abusive de l'expression "scolarité obligatoire" car la loi parle d'instruction obligatoire.

Voici en général la réponse type que l'on reçoit lorsqu'on exprime sa désapprobation.

Merci pour votre message.
Comme vous le soulignez, l'instruction obligatoire ne recouvre pas la scolarité obligatoire, car l'enseignement peut être donné au sein des familles. Toutefois, la loi du 18/12/1998, tendant à renforcer le contrôle de l'obligation scolaire, affirme la priorité d'assurer l'instruction au sein des établissements d'enseignement. L'instruction dans la famille doit revêtir un caractère exceptionnel (enfants malades ou handicapés ou certaines situations particulières). Dès le 18 novembre, le ministre François Fillon annoncera au cours de l'émission télévisée sur France 2, "Cent minutes pour convaincre", ses principales propositions. Vous pourrez en prendre connaissance et réagir sur le site www.loi.ecole.gouv.fr dès le lendemain. Après la phase de concertation avec les partenaires sociaux et l'adoption du projet de loi en conseil des ministres, ce sera au parlement de se prononcer selon un processus législatif démocratique classique.

La rédaction du site www.loi.ecole.gouv.fr

L'instruction dans la famille doit revêtir un caractère exceptionnel (enfants malades ou handicapés ou certaines situations particulières).

Cette phrase m'a quelque peu interpellée??

Pour l'instant rien n'est prévu pour restreindre cette liberté. Mais la vigilence s'impose.

En attendant, tous à vos télés le 18 Novembre

Par ma maman
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